dimanche, 21 octobre 2007 00:00

Fairlight Xynergi

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xynergi sNous avons eu la chance de voir et de toucher l'UMPC Xynergi, dernier "joujou" de Fairlight dans sa gamme Crystal Core, distribuée en France par EuroMedia Technologies (qui distribue aussi Black Magic Design). Au passage, un grand merci à eux de nous avoir permis de voir la bête avant même l'AES ou le SATIS...

Il s'agissait donc d'un modèle de présérie, pas encore complètement finalisé, tant au niveau hardware que software, mais déjà parfaitement fonctionnel dans ses grandes lignes, et particulièrement ergonomique...

Fairlight, le retour ?

L'hégémonie de Pro Tools dans les studios, les audis, en enregistrement comme en post production, n'est plus à démontrer. C'est un fait, la politique marketing de Digidesign, alliée à un outil performant, a porté Pro Tools au rang de standard de l'audio numérique. En 15 ans, Digidesign semble avoir eu raison de ses concurrents. Mais la tendance peut s'inverser. La suprématie de Digidesign n'est pas définitive et les raisons de son succès pourraient bien être les mêmes que celles qui, sans entamer son déclin, obligeront la société américaine à partager un peu du marché qu'elle domine aujourd'hui. 

Créée en 1984, Digidesign a commencé par produire des EPROM pour des boites à rythmes. Pressentant le changement d'ère et l'abandon progressif de l'analogique, elle s'orienta très vite vers l'audio numérique pour développer et proposer ce qui fut le premier enregistreur numérique. Sound Tools, rebaptisé Pro Tools en 1991, fonctionne dès l'origine sur Apple. Le séquenceur est un franc succès dans le monde entier, investissant les studios, et connaît un nouvel essor après le rachat de la société par Avid en 1995. Les deux entités sont en effet très complémentaires. Avid propose une gamme complète de systèmes de montage, compositing, effets spéciaux, animation 3D et solutions de travail collaboratif en réseau. C'est elle qui ouvrira les voies de la post-production en HD. De plus, Avid est présent chez les diffuseurs, post-producteurs, sociétés de production vidéo et multimédia, dans le monde institutionnel ainsi que - et c'est ce qui nous intéresse, car c'est visiblement la prochaine révolution- chez les monteurs et les réalisateurs indépendants. Après le passage de l'analogique au numérique ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est la démocratisation des outils à la fois en termes de prix et d'utilisation facilitant le passage des grosses structures de production et de post-production aux structures légères, voire unipersonnelles, pour s'adapter aux nouveaux formats, aux nouvelles tendances et nouveaux marchés du broadcasting.
Les rachats de Pinnacle et de M-audio ne sont pas à considérer autrement. Pinnacle propose des solutions matérielles/logicielles vidéos pour le marché professionnel et est très présent sur le marché grand public. M-audio propose des solutions audio numériques et midi très abordables et également très orientées grand public. Ces rachats vont permettre à Avid d'améliorer ses solutions tout en lui permettant d'atteindre une taille critique à même d'asseoir son modèle économique. En visant Steinberg qui lui-même s'est rapproché de Yamaha, à moins que ce ne soit l'inverse, la démarche se poursuit. 

La concurrence ? Apple n'est pas en reste en matière de fusion-acquisition / absorption. Sans retracer l'histoire de la firme de Cupertino, tout le monde se souvient de l'épisode "Emagic". Il est intéressant de noter que, dernièrement, Apple s'est associé avec Apogee et a mis sur le marché des stations de travail impressionnantes en termes de rapport performance / qualité / prix. En effet, associez un mac pro, l'interface audio Ensemble, la toute dernière suite logicielle audio, Logic Studio, si longtemps désirée et qui semble bien devoir tenir toutes ses promesses, Final Cut Pro 2 et vous avez une station de travail professionnelle à la maison… 

CC-1 logoEt Fairlight dans tout ça…? Après avoir été, il y a plus de 30 ans, pionnière dans le sampling et le sequencing (remember le Synclavier?), Fairlight semblait sommeiller…Visiblement le réveil a été brutal et la société australienne vient, lors du dernier IBC, de présenter un outil révolutionnaire à plus d'un titre : le Xynergi ! Révolutionnaire parce que c'est un ovni technologique. Certains n'y verront qu'une surface de contrôle. Après deux secondes d'utilisation, ils s'apercevront que c'est effectivement une surface de contrôle, redoutablement efficace, et que c'est aussi tout autre chose… La force du Xynergi, c'est sa très grande, son infinie, versatilité. C'est la surface qui vous permet de passer des contrôles d'édition audio à ceux d'édition image, de ceux de mixage au clavier AZERTY sans même vous en rendre compte… Comme si la bête lisait dans vos pensées… Et c'est presque cela. Le Xynergi anticipe quasiment vos manipulations car il suit la logique du musicien ou de l'ingé-son. La deuxième révolution tient dans le fait que le Xynergi n'est pas seul. Comme le pack Apple/Apogee, le Xynergi est associé à une carte ultra-puissante, la Crystal Core One (CC-1), hébergée dans une unité informatique dédiée, qui relègue nos DSP au rang d'antiquités… Un simple « bounce to tracks » quasi instantané suffira à convaincre les plus sceptiques… Une ou plusieurs unités gèrent les entrées-sorties (SX-20 ou SX-48), et un soft, évolution de ce que l'on pouvait trouver sur DREAM II (SoftMix), associé au Pyxis track (évolution du Pyxis NLV), système de vidéo maison que certains connaissent déjà, transforme le tout en un DAW très performant, en dépit d'une interface digne d'un développement réalisé dans un ex-pays de l'Est en pleine guerre froide. En effet, le soft s'avère être extrêmement bien pensé, doté de nouveautés réellement utiles et plutôt originales pour le musicien comme pour l'ingénieur du son en post-production … Troisième révolution, le tout tient dans la poche d'un kangourou et est suffisamment abordable pour pouvoir espérer rentrer dans les home-studios les plus exigents.

Prise en main

xynergix3


Petit tour du propriétaire

La Xynergi Universal Media Production Centre est une surface de contrôle « universelle », car capable de gérer plusieurs applications en simultané, avec une grande capacité d'ouverture aux différents systèmes d'édition du marché.
Pour notre premier contact (un banc d'essai en production étant d'ores et déjà prévu), il s'agit surtout d'évaluer ce modèle de présérie.

Ce Xynergi se présente sous la forme d'un boitier en métal à la finition « alu » aux dimensions relativement réduites, à peine plus long qu'un clavier d'ordinateur mais beaucoup plus profond et épais. La bête pèse son poids, c'est du solide. La fabrication et le degré de finition sont plutot engageants, en tout cas à la hauteur de la réputation de la marque.

L'appareil se connecte à l'ordinateur contenant la carte CC-1 via une bête liaison USB2, la machine disposant de 2 ports USB, pour y brancher le clavier et la souris additionnels, mais aussi les bacs de faders additionnels. Le système fonctionne sur PC et sur MacIntel mais dans ce dernier cas seulement avec Bootcamp. Le développement pour OS X n'est pas prévu sans être pour autant écarté (ça représente quand même un boulot énorme, alors que Fairlight tourne historiquement sous DOS/Windows).

La partie basse centrale du controleur est occupée par un clavier "graphique et évolutif" (nous reviendrons sur ce point plus loin) avec une disposition classique des touches (AZERTY ou QWERTY).

Sur la droite de l'appareil, on trouve un Jog Wheel lesté, précis et très agréable à manipuler ainsi que plusieurs pavés fonctionnels : Transport complet et contextuel centré autour du Jog Wheel, pavé alpha-numérique pour entrer les timecodes et autres "goto" ainsi que des touches de fonctions statiques (monitoringlocatetalkback, etc.).

La constellation de touches est surplombée par un large écran haute résolution (il semble que ce soit du 1024x320) entourée de 8 encodeurs rotatifs sans fin, sensitifs disposés de part et d'autre de l'écran, pour ajuster les différents paramètres, ainsi que de 2 autres encodeurs rotatifs, dédiés au monitoring (volume du Control Room et Studio).


Touch me ! Touch me ! Touch me !

Dès le premier abord, la chose la plus bluffante, ce sont ces fameuses touches graphiques (brevet déposé par Fairlight)... Chaque touche est en soit un petit moniteur capable de restituer une image fixe ou animée, en couleur et en haute résolution. Le clavier peut donc afficher les classiques caractères de la langue qu'on trouve habituellement sur son clavier d'ordinateur en mode AZERTY ou QWERTY, mais il peut aussi proposer des symboles, des logos, des photos, des messages textuels, et donc des fonctions spécifiques d'éditeur de montage, audio ou vidéo (AVID, Pro Tools, Final Cut, Nuendo, Pyramix, VEGAS, etc.). Le champ des possibilités semble infini.

Le plus intéressant, c'est que rien n'est figé et que le Xynergi s'adapte au contexte selon l'application "active". Du coup, plus besoin de souris, l'utilisation est prévue pour que tout se fasse avec une main sur le clavier graphique, et l'autre vers le Jog. Sur le papier, n'importe quel logiciel est gérable, reste juste à "mapper" les fonctions, comme c'est le cas pour AVID et les softs maisons AVProcess et Validator. On peut d'ailleurs espérer que ce genre de choses sera faisable par l'utilisateur, pour ni'mporte quel soft de son choix, via un logiciel dédié. Deux modes de pression sont disponibles : touch et hold. Touch étant dédié à des actions directes, Hold pour une intéraction avec une autre touche ou un autre controleur (ce qu'on appelle des modifiers keys en informatique).

Affiché en permanence sur la surface, en bas au milieu et en vert, le Multimode permet l'accès direct aux fonctions globales et principales du système Crystal Core. En clair, l'accès à la gestion des projets (chargements et sauvegardes de fichiers, imports/exports), à la configuration du système (I/O, patch, inserts, synchro, monitoring), à la partie Record (enregistrement), Edit (édition et montage) et Mix (mixage). Pour chaque mode, les touches de fonctions "switchent" pour afficher les sous-fonctions accessibles (contextuelles donc) par rapport à la fonction mère. Les switchs sont instantanés et le système est très réactif. Raffinement supplémentaire, dés que l'on enclenche une des touches de sous-fonction, le clavier switch là aussi pour afficher ce qu'il est possible de faire. Par exemple, afficher le clavier AZERTY pour renommer un élément donné. 

Pour l'heure, en dehors du DAW Fairlight, peu de logiciels sont encore gérables (le Notepad de windows, Internet Explorer, Outlook Express, et surement quelques autres depuis cette prise en main)… Un clavier AVID est déjà disponible, même s'il n'est pas encore fonctionnel. Un soft permettant d'éditer toutes les macros, suivant les besoins et suivant le logiciel utilisé est attendu. De l'ouverture en perspective…

A noter que certaines touches sont statiques, et ne proposent qu'une seule fonction, comme celles positionnées sur la partie de droite de l'interface (monitoring, pavé alpha-numérique, et transport). Cependant elles servent très souvent associées avec une autre touche de fonction (par exemple le Zoom) ce qui offre un panel de possibilités assez phénoménal... 

xplainEnfin, on relève une fonction Help (Xplain) très élaborée qui autorise tout simplement de se passer de manuel pour le cas où l'ergonomie naturelle vous aurait échappée. Il s'agit d'une touche bleue très repérable qui permet de connaître toutes les possibilités offertes par chaque fonction. Là encore, l'aide est contextualisée ce qui fait que la machine semble avoir deviné votre problème. On sait exactement ce que l'on peut faire, les touches attendant une entrée s'illuminent et clignotent, et des explications détaillées appariassent sur l'écran du Xynergi. Un pas-à-pas extrêmement pédagogique qui accélère énorméméent le processus d'apprentissage. Que du bonheur et encore plus de productivité à la clef !


L'écran

mfx4 frontL'écran n'est pas tactile. Cependant, nous avons pu lors d'une rencontre précédente, travailler sur une préversion du DREAM II piloté à partir d'un large écran tactile de 19 pouces… Extraordinaire pour certains, gadget pour d'autres, cela dépend, mais pour ceux que cela tente, c'est une expérience sensationnelle… fin de la parenthèse… Sur l'écran du Xynergi, tous les paramètres de tranche, les sorties, et les masters sont visibles, de même pour les paramètres du Mode (Automation). Petit regret, les paramètres des éventuels plugins de tierce-partie (VST par exemple, et oui) ne sont pas affichables sur l'écran. Même si le nombre de ses réglages peut être très variable d'un plugin à l'autre, une possibilité de les retrouver sur cet écran, voir de les modifier avec les potentiomètres rotatifs aurait été bienvenue... Attention, on ne demande pas une reproduction complète de l'interface du plugin, mais juste de ses réglages, swappables au besoin si le nombre de réglages dépasse les 12. Sinon, la vidéo est affichable à la demande, ce qui permet vraiment de se focaliser sur le Xynergi même pour des petites opérations vidéo (Spotting gros plan, repérages rapides, etc.) et on peut évidemment y afficher une petite partie de la Timeline. Cet écran est vraiment un très gros plus si l'opérateur est décentré des écrans informatiques du système Crystal Core.


Les potentiomètres rotatifs

Les potentiomètres rotatifs sont, comme nous l'avons vu, sans fin et sensitifs. Un simple effleurement et ils s'activent… Ni trop lourds ni trop légers, ils s'actionnent parfaitement… Rien à redire sur ce point, on creusera lors du prochain test en production.

 

La partie immergée de l'iceberg…

Le Xynergi est une surface de contrôle extrêmement aboutie mais il fait presque oublié qu'il n'est pas seul. Il s'intègre dans un ensemble très pointu où tout semble avoir été pensé et bien pensé. Nous aurons l'occasion de revenir sur ces éléments de manière plus approfondie dans un prochain banc d'essai, mais voici déjà un bref aperçu du système dans sa globalité.


Moteur audio, Crystal Core Engine 1 (CC-1)
 

Fairlight CC-1 CARD sAu cœur du système se trouve, dans un rack scellé dédié et validé par EM-T., un PC quad-core sous XP Pro optimisé, avec une carte PCIe (PCI Express), la Crystal Core One (CC-1), véritable révolution dans le monde de l'audio numérique. On peut ajouter des cartes TC Powercore ou UAD à la demande. Le système n'est pas compatible avec mac OS X en natif, mais est capable de tourner sur architecture Apple/Intel avec Bootcamp. Il est également incompatible avec Vista. Tout cela n'a qu'une relative importance car il s'agit d'un système dédié, mais pour les utilisaeturs voulant profiter du Rewire et donc d'autres applications musicales comme Reason ou Live, le choix de Windows et sa gestion douteuse de la mémoire pourra rebuter...

La technologie Crystal Core est basée sur un processeur FPGA (Field Progammable Gate Array), permettant d'exploiter 230 canaux audio en haute résolution, avec 8 bandes d'égalisation paramétrique en 72 bits flottants sur chaque canal, 3 étages de traitement dynamique sur chaque canal, 72 bus de mixage du mono au 7.1, 64 canaux d'échange Rewire (traitements et instruments virtuels comme Reason, GigaStudio/GigaSampler, ou Live), l'automation de plus de 70 000 paramètres, y compris les plug-ins, une matrice avancée de monitoring intégrée, la compatibilité totale avec tous les plug-ins du marché respectant le standard VST (gérés par le CPU de l'ordinateur et non le FPGA CC-1). A noter que la carte CC-1 accélère la communication entre le Plug et le soft en utilisant sa mémoire dédiée, ce qui permet de diminuer la latence ainsi que d'augmenter le rendu d'un Plug sur un ou plusieurs clips. La compatibilité avec les plug-ins UAD d'Universal Audio, de la PowerCore de TC Electronic, ou de Creamware, est assurée.

Une simple carte PCIe CC-1 permet de gérer jusqu'à 220 entrées-sorties physiques, analogiques ou numériques (AES / MADI), une piste vidéo intégrée et synchronisée au format SD ou HD, permettant de réaliser tous les travaux de post-production avec une fluidité et une réactivité exemplaire, toujours avec une latence inférieure à 0,5ms.

Partie intégrante du système, le module SX-20, est une synchro box complémentaire à la carte CC-1 et reliée à celle-ci par un unique câble DVI-I standard. Il présente des I/O AES / LTC / Video / WC / Tri-level (HD-VIDEO) / MTC, 2 RS-422, et surtout 12 sorties analogiques, 2 entrées mic/inst, 2 entrées lignes et du MADI (56 canaux), avec possibilité d'ajout de 3 autres MADI par ajout d'une carte fille (CMI)… Le SX-48 étendant considérablement ces possibilités pour les plus grosses configurations studio (6 modules d'I/O configurables à loisir). De plus, jusqu'à 4 modules SX-48 peuvent être chainés sur une unique carte CC-1 équipée de ses cartes filles CMI (3 ports MADI I/O additionnels par carte). Autant dire que tout est possible en terme d'interconnection audio, ainsi que concernant les synchronisations avec d'autres périphériques, y compris en HD.

Voilà quelques photos qui vous en diront plus:

 

 

SX-20 FRONT s

SX-20 BACK s

SX-20 (back)

Fairlight CMI Madi Card

 Carte additionnelle CMI

 

Pour la vidéo, c'est une carte Black Magic Design qui prend le relai, avec une intégration poussée mais transparente pour l'utilisateur dans le logiciel du Xynergi. Nous reviendrons sur sa gestion dans notre prochain banc d'essai.

 

Le Soft

C'est le cœur du système d'enregistrement, d'édition, et de mixage (automation, routing, monitoring, etc.) et il exploite au mieux toutes les fonctionnalités du FPGA de la carte CC-1. Il reprend les grandes lignes des systèmes Dream, donc de grosses possibilités d'enregistrement y compris en ADR (doublage et post-synchro), une organisation orientée objet de l'édition audio, la gestion de plugins divers et variés, y compris en VST, une automation évoluée pour le mixage de tous les paramètres, et de grosses capacités d'ingest, d'import/export, et de livraison réseau.

Dédié édition audio, mais aussi à la vidéo et au mixage, le système peut numériser en SD et en HD directement dans le projet en cours, gràce à l'intégration de Pyxis Track de la marque, qui gère très bien QuickTime et QuickTime Reference. Les entrées/sorties se font via les célèbres cartes Black Magic Design, offrant un large panel d'I/O vidéos.

En plus du recorder 192 pistes et de sa piste vidéo SD/HD, le soft du Xynergi reconnait donc en import les fichiers OMF 1&2, le BWAV, le WAV, MP3, SD2, MXF, AIFF, Fairlight MT pour l'audio, et AVI, QuickTime (DV25, DVC-Pro, MPEG-1, MPEG-2, MPEG-4, etc.), et XML pour l'image. Avec un toolkit intégré, s'ajoutent l'AAF, le Wiretap, Vegas Video, OpenTL, AES31, Pro Tools 5, DAR, DSPMedia, 3GP, Bitmaps, Cineon, et séquence d'images DPX (les professionnels du jeu vidéo et de la 3D apprécieront). En fait tout ce que gérait déjà feu AVTransfer, qui est dorénavant intégré. Les projets Pyxis peuvent eux aussi être directement ouverts.

Comme remarqué plus haut, le soft supporte très bien la plupart des plugins VST, en process temps réel (géré par le CPU et non la carte FPGA) mais aussi en destructif (process). De plus, pour soulager le CPU, il est même possible d'utiliser des cartes DSP pour ce type de traitements (qui est monnaie courante sous Pro Tools, et qui lui donne tout son intéret), comme la TC Powercore ou l'Universal Audio UAD-1, ce qui rapproche encore plus le système aux DAWs classiques que l'on trouve sur PC.

Même si nous reviendrons en détails sur les possibilités du soft, malconnues, quelques fonctions en vrac : l'import des fichiers audio peut se faire par simple « Drag and Drop » dans la time-line, en se synchronisant directement à leurs Time-Code d'origine, si l'opérateur le souhaite. On dispose de marqueurs vidéo (vignettes, cf. photo plus bas), et il est même possible d'éditer ou de stretcher la vidéo à loisir (on cherche encore l'intéret ;) ).

Le système de gestion de sons AudioBase en version 3 est aussi présent à l'appel, et mériterait à lui seul un Article complet sur SDO. Nous y reviendrons.

 

soft-1DeamII 2_s

 

Conclusion

A l'usage, tout a l'air d'être fait pour que tout tombe sous les doigts, avec toujours en vue le principe d'utilisation à deux mains, l'une sur le clavier, et l'autre sur le Jog/Transport. L'ergonomie générale, pensée par Cliff Jones (ancien de la BBC), est un sans faute.

Ceci associé à un hardware au top, qu'il s'agisse de processing audio ou vidéo (carte CC-1 en PCIe sur un PC quad-core, la partie vidéo étant gérée par une carte Black Magic Design en PCIe également), tout devient possible, sur le papier. La différence se fera donc sur le Software, et le Marketing de la marque...

Les canaux classiques de diffusion sont en train de muter. Ceux de la production et de la post production s'adaptent. Il faut aller plus vite, pour des coûts toujours moindres. Sans disserter sur la pertinence d'une telle option, car il y aurait beaucoup à en dire, Digidesign, Apple et maintenant Fairlight l'ont bien compris et ils ouvrent chacun une voie, pas tout à fait la même, pas tout à fait une autre, pour espérer devenir leader, demain, sur le marché de la post-prod….

Digidesign a entrepris d'établir un standard et a su rendre sa clientèle captive. Aujourd'hui il se développe "par le bas" du marché pour se rendre encore plus incontournable. Il faut avouer que c'est tout de même assez pratique d'arriver en studio avec ses sessions Pro Tools LE de la maison... Apple, fidèle à son principe du « tout en un » s'accorde parfaitement avec Apogee pour proposer une gamme de bon niveau, complètement raccord avec le hardware à la pomme et son système d'exploitation. Elle démocratise son offre en permettant à tout à chacun d'acquérir la suite Logic Studio qui devrait faire une entrée fracassante dans les home-studios. Fairlight elle aussi sait se rendre plus accessible. A mi-chemin entre les deux mondes d'Apple et de Digidesign, la firme australienne propose une solution très complète, très professionnelle et bientôt « nomade », doté d'un atout maître, le Xynergi.

Autour de 15 000 euros avec la synchro-box SX-20, le PC (2Go RAM, quad-core, carte Black Magic Design SDI ou composante (sauf Extreme), carte Crystal Core CC-1) et software complet par dongle (avec toutes les possibilités d'import/export, Audiobase3, etc.). Proche de 20 000 euros avec un bac de faders (Side Car 12 faders, 12 potars rotatifs, et 1 joystick). Dans cette fourchette de prix, une « valise » est à l'étude chez EuroMedia Technologies. Elle embarquerait également deux écrans LCD et une solution de monitoring (peut-être de chez BlueSky) pour rendre la solution totalement autonome.

 

Les Plus

- ergonomie exceptionnelle
- prise en main ultra rapide et intuitive (merci à la touche Blue)
- touches graphiques révolutionnaires
- rapidité et fluidité des actions et opérations
- import/export OMF (import), MXF, AAF, AES-31, QT, XML, AVI, ETC…
- plateforme universelle Audio et vidéo
- compatibilité HD audio et vidéo
- Jog/Shuttle sur toutes les pistes (192)
- jusqu'a 230 canaux Full process avec 1 Carte CC-1 ( 1 EQ Paramétrique 8 bandes 20H-20Khz 72 bit flottants + 3 étages Dynamique sur chaque voie en natif)
- support universel de plug-in VST, Algorithmix, UAD, TC PowerCore, en simultané en temps réel, et en rendering
- MADI en natif
- nombre d'entrées sortie gérées (224 E/S MADI sur une seule carte avec CMI))
- mise en place et installation ultra simple (un câble USB pour Xynergi, 1 RJ45 pour surface DreamII)
- encombrement réduit 2x1U version portable, 1U+3U version studio
- fonction d'aide Xplain
- transportable facilement
- son coté Green (consommation ultra basse, un mono chip)
- extension de 12 faders cumulables avec avec des modules Fader Sidecar
- rapport Q/P

 

Les Moins

- pas sur Mac OS X mais fonctionne parfaitement sur MacIntel avec BootCamp
- peu de softs gérés à part Word et Outlook, à part la partie clavier standard
- pas de retour des réglages de plugins VST sur l'écran du Xynergi, et donc pas de mapping des potars rotatifs
- les process VST, à part quelques partenaires privilégiés, ne peuvent être faits par le Crystal Core, seulement par le CPU de l'ordinateur ou les cartes DPS de type UAD ou TC. Par contre, la carte CC-1 accélère la communication entre le Plug et le soft en utilisant sa mémoire dédiée, ce qui permet de diminuer la latence ainsi que d'augmenter le rendu d'un Plug sur un ou plusieurs clips.
- interface du soft un peu austère (peu de couleurs), même si très efficace. Ils travailleront sur la chose, car ça joue énormément sur la productivité. La version 1.5 bientôt disponible améliore de façon substantielle la partie graphique. En chantier, une refonte globale est prévue pour le NAB tout en préservant le confort visuel et de travail
- pas encore disponible pour les autres environnements de travail audio concurrents. Seul l'environnement multimédia Fairlight est supporté en natif
- pas assez connu, donc répandu

 

Rédigé par Dorian., intro, conclusion, et corrections par Adsr, et avec le soutien moral de Burns.


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