samedi, 21 février 2009 00:00

Nagra VI

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Nagra vi_off_445Nagra (de "on nagra", "il enregistrera" en polonais), une légende... Surement LA marque mythique du monde audio depuis plus de 50 ans, lancée par un polonais de génie expatrié en suisse en 1943, Stefan Kudelski... Aujourd'hui encore, à l'heure du tout numérique, certains ingénieurs du son ne jurent toujours que par le Nagra IV et ses magnifiques préamplis micros.

En 2009, avec la prolifération des magnétophones numériques haut de gamme, comme ceux de Zaxcom ou d'AATON, et la relative absence du Nagra V en enregistrement musique et tournage film, la firme Kudelski, qui s'était alors concentrée sur des outils plus orientés vers le monde de la radio (série Ares) se devait de réagir. Et bien c'est chose faite avec ce nouveau Nagra VI, que tout le monde attendait avec impatience et curiosité.

Premières impressions

Gràce à Yann-Dominique Begault de Y.E.S. Audiovisuel, distributeur officiel du matériel Nagra (entre autres) pour le nord-ouest de la France, me voilà parti pour récupérer un exemplaire du Nagra VI auprès de Nagra France, pour évaluer la bête pour SDO. Première surprise lorsque Françis Guerra me montre la machine, c'est sa taille plus que conséquente par rapport à la concurrence, et aux fonctionnalités proposées sur le papier. Pas de problême quand à l'épaisseur ou même la largeur de la bête (encore que), mais plutot vis à vis de sa profondeur, notamment avec le "pack battery" qui vient se coller au cul de l'appareil (voir photos). Cependant, et ça relativise cette petite déception, l'appareil est plutot léger, ce qui ravira les preneurs de son au dos fragile (et ils sont nombreux avec le temps). Cet embonpoint est probablement explicable par le cycle de développement de l'appareil, qui a été particulièrement long, presque 6 ans depuis le Nagra V, qui fait grosso modo les mêmes dimensions (plus épais tout de même)...

Nagra VI Sonosax SX-R4 sCette taille imposante (voir la photo ci jointe avec le Sonosax SX-R4 posé au dessus, en comparaison) permet en contrepartie de bénéficier d'une ergonomie irréprochable des commandes en façade, avec notamment la présence d'un large et somptueux écran TFT (technologie basée sur le LCD, permettant un affichage plus fluide et plus net) qu'on aurait presque envie de voir tactile, et la plupart des fonctions essentielles qui sont accessibles directement par boutons ou switchs bien espacés, manipulables sans risque d'erreur, même avec une vue déficiente ou avec des gants.
De même, toute la partie connectique est parfaitement aérée et lisible, ce qui ferait presque regretter qu'il n'y en ait pas d'avantage, mais il est à parier que des options feront surement leur apparition selon les demandes des utilisateurs, comme cela s'est passé avec les générations précédentes de magnétophones Nagra, la place sur l'appareil étant disponible, et les futurs emplacements visiblement déjà prévus.

Pour rester dans la tradition Kudelski, Nagra a équipé l'appareil de leur fameuse et non moins classique molette multi-fonction, à laquelle tous les preneurs de son radio, documentaire, et cinéma, sont habitués, et qu'on retrouve même chez la concurrence (sur le Cantar d'AATON pour ne pas le nommer), preuve de son efficacité.

 

Dans le détail

NagraVI Gauche_sLe Nagra VI est un magnétophone 6 pistes, enregistrant sur disque-dur et/ou carte Compact Flash. Il dispose de 6 entrées analogiques, dont 4 préamplifiées pour micro (switchables en ligne). Là aussi, petit regret qu'il n'y ait pas deux préamplis micro supplémentaires, pour effectuer des prises multicanales avec des systèmes type DPA 5100 ou Holophone, nécessitant au moins 5 entrées micro pour l'enregistrement du 5.0. Par contre le dernier microphone ambisonique de Soundfield, le SPS200, sera parfaitement utilisable ici (4 entrées micro seulement étant nécessaires en format-a et b).
Deux entrées numériques AES/EBU sont également disponibles, en lieu et place des entrées lignes analogiques 5 et 6 (switchables par le soft).
NagraVI Droite_sAu niveau des sorties, on dispose de 2 sorties casque, d'une sortie HP intégré (réduction mono), d'1 sortie AES/EBU en XLR et 2 autres par le Sub-D, et d'une sortie stéréo symétrique (MIX).
Le disque IDE d'origine fait 120Go de capacité, et le fabriquant annonce une compatibilité avec les Compact Flash de type I et II.
Encore un petit regret, avec l'absence d'un graveur de DVD/BRD d'origine, pourtant extrêmement utile sur un tournage, ou en fin de journée si on ne dispose pas d'un ordinateur pour décharger les sons. Nagra promet le support de graveurs externes via l'interface USB, mais ça ne remplacera pas la praticité d'un truc intégré à l'appareil (personne n'a envie de se trimbaler divers périphériques externes, qu'on peut de plus oublier d'emporter dans la précipitation). Ce port USB pourra de plus acceuillir des disques dur externes ou des clés USB, avec le futur firmware.
A propos d'ordinateur, le déchargement des sons se fait via une connexion USB 2 (les 2 types carré et rectangulaire sont acceptés), le Nagra montant alors sur le système d'exploitation comme un simple disque-dur. Comme toujours sur Mac, le transfert via USB est particulièrement long, contrairement à son pendant Windows. C'est comme si Mac OS X restraignait le protocole de transfert au simple USB 1.1...

Niveau alimentation, en plus des deux packs de batterie (d'origine une batterie 4.6 A/h Lithium-Ion pesant 800g et offrant 4H d'autonomie, chargée en 3H, et dans notre test une 13.8 A/h Lithium-Ion pesant 1.3 kg, pour plus de 12H d'autonomie, chargée en 5H), pour lesquels on trouve la classique LEMO 3 points pour leur charge et l'alimentation du magnéto (en simultanné au besoin), une classique entrée DC sur XLR 4 points, et aussi 2 sorties DC 12V sur connecteurs standards Hirose pour alimenter des émetteurs HF ou autre préampli micro. Je précise que je n'ai pas réussi à les faire fonctionner avec le preampli du Soundfield ST350 par exemple, et n'ayant pas de multimètre, je ne peux donc pas dire si ce problême concerne juste le modèle de prêt dont je disposais, ou s'il vient de ma connectique... Mais à priori ça fonctionne bien.
Lorsqu'on branche l'alimentation de la batterie, et bien... elle se charge bien sur, et le magnéto reste bien sur alimenté et donc utilisable pendant ce temps.

La panoplie de connecteurs est complétée par un Lemo 5 broches pour le Timecode entrant et sortant, avec le même brochage que les anciens Nagra IV-STC et Nagra-D.

Est également présent un port d'extension, en Sub-D 9 pin, qui donne accès aux sorties AES (1-2 et 3-4), le Word-Clock In/Out, et l'interface MIDI (son utilisation restant à définir).

Passons à l'essentiel, la façade de l'appareil. Comme je le disais plus haut, le large écran se trouvant sur la gauche de la façade est tout simplement somptueux. L'écran propose une résolution de 320x240 pixels (on jurerait qu'il y en a plus vu sa qualité), on dispose donc d'un grand confort de visualisation. Cet écran affiche par défaut la plupart des paramètres de configuration du projet choisis, l'état de l'appareil (stop/play/test/rec/usb mode), le timecode (généré ou entrant), et bien évidemment les niveaux audio, qu'il est d'ailleurs possible de zoomer en plein écran d'une pression sur la touche de navigation droite (et d'ailleurs configurable pour switcher automatiquement lors de l'enregistrement, via les Settings). L'écran a été testé jusqu'à des températures de -20°C (au delà, il commence à "freezer" et le disque-dur commence à avoir du mal à fonctionner, contrairement à la carte CF), et jusqu'à +40°C, ce qui ne devrait pas poser de problême pour la majorité des tournages.

Juste à la droite de cet écran se trouvent les touches de navigation dans les menus, le réglage de la luminosité de l'écran, et 3 boutons "User" permettant d'affecter n'importe quelle option de configuration des menus pour un accès direct et instantanné d'une pression du doigt.

Enfin, encore un peu à droite, sur les 2/3 de la largeur de la façade, se trouve l'interface du magnétophone à proprement parler, avec la classique molette multi-fonctions Nagra, les touches de transport et de marquage des prises, les gains d'entrées des 4 préamplis micro sur des potentiomètres rotatifs, l'activation du slate (le micro est intégré dans la molette multi-fonction), l'envoi du signal de référence (configurable), l'enclenchement du haut-parleur intégré, une des deux sorties casque avec son volume, et plus rare, un bloc de switchs pour le monitoring sur lequel on peut choisir ce qu'on écoute (commun aux sorties casques, line out, et hp) parmi les 6 entrées, avec un choix Gauche/Centre/Droit, activé ou pas pour l'écoute (On/Mute), et le Solo lorsqu'on maintient le switch vers le bas. Simplissimes, et parfaitement efficaces pour une utilisation classique (cf. plus bas pour des besoins un peu plus conséquents).
Les 4 potentiomètres de gain d'entrée sont un peu déroutants (ils font un peu "toc" à première vue), quand on a connu ceux des précdentes générations de Nagra, mais leur manipulation fait vite disparaitre cette impression, avec une résistance/couple bien dosé, et l'absence totale de jeu. La confiance est toujours là, donc.

Les seuls switches qui manquent à l'appel, à mon avis, sont ceux de l'activation de l'alim Phantom 48V pour les 4 premières entrées (micro), et celles des filtres coupe-bas et des limiteurs, tout ça étant géré uniquement par le soft, via des activations dans des pages du menu de configuration. Ceci dit, il est très simple d'assigner une touche User à ces dits réglages pour un accès immédiat.

 

Le software

Là aussi, Nagra a bien étudié la chose, et le logiciel, ici testé dans sa version 1.30 (depuis en version 1.42 à l'heure où j'écris ces lignes), est particulièrement intuitif et simple à utiliser. Il est presque inutile de lire la documentation tellement tout est évident, la hiérarchisation des menus restant toujours simple et sans équivoque. Maintenant, je dis ça, mais lisez la donc cette doc, car il existe malgré tout quelques subtilités... Les mises à jour s'effectuent par copie du fichier binaire sur la compact-flash, et reboot du magnéto, en bref un jeu d'enfant.

Comme c'est le cas avec n'importe quel logiciel audionumérique, il faudra passer par une étape de configuration de la machine, et c'est donc via le menu principal du Nagra VI que se fera la configuration notamment des entrées (ligne/micro, type de micro (sensibilité), gain d'entrée et de sortie, activation de l'alimentation Phantom P48, des limiteurs (analogiques), et des filtres coupe-bas (-3dB à 250Hz, puis -12dB par octave à partir de 125Hz) présents avant la conversion) mais aussi de tout le reste. Notons que les propriétés du filtre coupe-bas ne sont pas paramétrables, à moins de sortir le fer à souder et d'ouvrir la machine, en remplacant un composant.
C'est dans ce menu Settings/Audio que se fera le choix du format des fichiers audio, en WAV/BWF jusqu'au 24bit/96kHz, en polyfile (entrelacé) ou monofile (splitté).
Le nommage des prises se fait selon un des nombreux schémas d'usine proposés, comme par exemple le Name_Scene_Take_XXX.wav, toutes les infos de Scene/Take et de timecode étant en plus heureusement enregistrées sous forme de metadatas BWF et iXML. On regrettera peut-être ici l'impossiblité de choisir son propre format de nom de fichier, et l'impossibilité de renommer après coup directement depuis le magnéto, mais l'essentiel est malgré tout là, notamment au niveau des métadonnées/metadatas BWF.

Côté routing, là aussi Nagra a fait simple, peut-être trop d'ailleurs... En effet, comme on dispose de 6 entrées, et de 6 pistes d'enregistrement, on enregistre donc l'entrée 1 sur la piste 1, l'entrée 2 sur la piste 2, etc. Pas possible pour l'instant, en tout cas avec le firmware 1.30, de router l'entrée 1 vers la piste 2, l'éntrée 2 vers la piste 3, etc. De même, pas possible de doubler l'enregistrement d'une même entrée sur 2 pistes simultanément (avec des traitements de filtrage ou de limitation différents), ou autres acrobaties parfois nécessaires...

Notons la possibilité d'enregistrer un prémix, plus communément appelé "downmix" en fiction, des 4 entrées post-gain sur par exemple les pistes 5 et 6, via une petite page dédiée présentant des panoramiques pour les 4 premières entrées. Il devient alors possible de fournir un prémix bipiste perche/hf, la perche en piste 1 étant panné à 100% gauche et les 3 HFs en piste 2, 3, et 4 pannés à 100% à droite. D'autres réglages trouveront surement leur utilité en enregistrement musique.

Côté mixage, il est également possible depuis la version 1.42 de mixer les 6 entrées vers la sortie stéréo principale (volumes et pans comme pour le "downmix" précité).

Une autre page permet de définir sur quoi agissent les 4 potentiomètres en façade. Assignés par défaut au gain d'entrée, il est aussi possible de les désactiver, ou de les définir en "Mix Gain", c'est à dire pour définir le niveau envoyé dans le prémix évoqué ci-dessus.

En théorie, ce système permet certaines fantaisies, comme de contrôler le gain d'entrée de la piste 1 avec le potentiomètre 1 tout en ajusatnt le "Mix Gain" de cette même piste dans le prémix avec le potentiomètre 2. Mais les limites sont vites atteintes, le nombre de potentiomètres n'étant pas extensible... Idéalement, 8 potentiomètres auraient permis d'assurer les gains d'entrée tout en offrant la possibilité de controler les niveaux d'un prémix/mixdown, mais là, avec 4 potentiomètres, on est vite limité si on utilise plus de 2 sources... A moins que Nagra ne propose dans un proche avenir une extension hardware avec davantage de potentiomètres, voire des faders comme le propose AATON avec sa CANTAR-EM, ou Sound Devices avec sa CL-8 pour le 788T, difficile d'exploiter ces fonctionnalités...

Enfin, Nagra a implémenté un dématriceur M/S pouvant agir sur les paires d'entrée 1/2 et 3/4, et n'affectant bien sur que le monitoring casque, à moins d'avoir choisi le mode "monitoring output" pour la sortie MIX. On ne peut qu'espérer qu'ils implémentent aussi un décodeur ambisonique pour le format-a et le format-b, comme c'est le cas sur le Cantar.

 

0-MainMenu-s 1-Settings-s 2-Settings-Audio-s 3-Settings-Inputs-s 4-Settings-PotAssign-s 5-Settings-Mixer-s
Main Menu
Settings
Audio
Input
Pot Assignements
Mixer
6-Settings-OutMatrix-s 7-Settings-ClockRef-s 8-Settings-RefGen-s 9-Settings-Sync-s 10-Settings-Timecode-s 11-Settings-UserKey-s
Out Matrix
Clock Ref
Ref Gen
Sync
Timecode
User Keys


Sur le terrain

Parlons de ce qui est important, finalement, c'est à dire l'utilisation sur le terrain, et LE son de l'appareil.

On pourrait croire, étant donné la taille assez imposante de l'appareil, qu'il trouverait plutot sa place sur une roulante, ou en studio, mais son poids tout à fait raisonnable en fait aussi un très bon appareil baroudeur, en bandoulière ou avec un harnais. A l'épaule, pas de problême de positionnement et de manipulation, il faut seulement le placer assez haut pour ne pas se le prendre dans les cuisses (voir les genoux pour les plus petits) au moindre déplacement, en raison de sa grande profondeur avec le pack batterie.
Je l'ai testé en enregistrement musical d'un ensemble vocal et d'un duo (en fixe), ainsi qu'en prise d'ambiances à Paris (Montmartre), avec le micro ambisonique Soundield ST350 et un couple stéréo A/B Neumann KM-84, en parallèle. La partie préamplification du Nagra n'est pas représentative pour le Soundfield qui dispose de ses propres préamplis micro (nettement moins bons que ceux du Nagra), mais est parfaitement valable pour le couple Neumann. Il reste néanmoins possible d'apprécier la qualité de la conversion Analogique/Numérique (CAN).

Pour le son, là c'est la grosse claque, les préamplis micro sont de très haute qualité (transparence), et ne génèrent pratiquement pas de souffle même à des gains très élevés. La conversion A/N semble être de très haute qualité également (je n'ai pas l'équipement pour en juger, seulement mes oreilles et mon système d'écoute). A ce niveau de performance, il faudrait presque démonter l'appareil pour étudier les circuits de préamplification et de conversion, et réaliser des mesures scientifiques avec divers appareils dédiés réservés aux services de maintenance ou aux industriels. Mais si on fait confiance à ses oreilles, c'est un sans faute.
J'ai entendu dire que certains ingénieurs du son musique ont d'ailleurs acheté l'appareil uniquement pour bénéficier des préamplis micro Nagra et des convertisseurs A/N...

Je mettrai des extraits de prises de son effectués avec l'appareil dés que j'ai un peu de temps...

 

Conclusion

Une bien belle machine que nous offre encore une fois Nagra... Même si elle ne répond pas à toutes les attentes et éxigences des ingénieurs du son de terrain avides de nouvelles fonctionnalités, l'esprit originel de la marque mettant en avant efficacité, fiabilité, et qualité, est sans aucun doute toujours là... Son utilisation reste simplissime et sans prise de tête (c'est important quand on doit faire face à des situations critiques), et sa qualité sonore légendaire est toujours au rendez-vous.
On pourra surement regretter l'absence de certaines fonctionnalités présentes chez la concurence, mais je voudrais juste insister sur le fait que Nagra est très à l'écoute de ses utilisateurs, et que le logiciel interne du magnéto (son firmware) est donc en perpétuelle évolution, et qu'un certain nombre de défauts évoqués plus haut n'auront surement plus lieu d'être demain, notamment au niveau des entres/sorties physiques. Pour l'interface utilisateur, ce sera plus compliqué (nombre de potards en facade), mais qui sait?

Ce banc d'essai est bien sur incomplet, n'ayant eu la bête que peu de temps, je n'ai pas pu faire le tour de toutes les possibilités, aussi si vous désirez compléter cet article, n'hésitez pas à me contacter à l'adresse //mce_host/Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser." data-mce-href="http://mce_host/Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser." style="text-decoration: none; font-weight: normal; ">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

L'avis de deux autres utilisateurs

Voici mes impressions après avoir testé le Nagra VI dans une utilisation qui n'a pas l'air son fort à mon avis, la prise de son d'ambiances en multicanal avec cinq canaux discrets.
Mes premières impressions sont plutôt négatives mais à l'utilisation et surtout à l'écoute sont tempérées. La machine m'apparaît tout d'abord imposante, mais se révèle d'un poids tout à fait correct au vu de l'autonomie. Deux heures en bandoulière et pas de sensation de lourdeur.
On notera surtout une réelle qualité de pré-amplification micro, vraiment très très peu de souffle même à gain maximale, une réelle sensation de transparence, précision dans l'aigu et dynamique bien gérée. Pour ma part c'est son gros plus, la qualité du son.
Coté fonctionnalité, le grand écran de contrôle pour la visualisation des niveaux et infos de metadatas est très agréable, le paramétrage des trois boutons utilisateurs est simple et d'une grande efficacité. On peut aisément linker les potentiomètres des 4 entrées, par contre je n'ai pas vu qu'on puisse avoir des niveaux relatifs différents entre ces différentes entrées.
Mon principal reproche est le choix de seulement quatre pré-amplis micros, quels dommage quand même quand on a six pistes ....
Du coup, on est enclin à utiliser un pré-ampli externe, et du coup attaquer l'entrée ligne de l'enregistreur et la, pas de potentiomètre de ligne. Du coup, on est obligé de gérer le niveau sur deux machines. Je regrette aussi le fait qu'il n'y ait pas de routing pour les entrées, ce qui oblige à câbler, décâbler pour associer une source à une piste. Pas très pratique dans une utilisation fiction à mon avis.
Coté monitoring, la grille est certes efficace avec gestion on-off-pan-solo. Mais dans mon cas, pour écouter le couple avant, puis le couple arrière, ça fait 4 switchs à changer (et ces switchs ne sont pas exempts de bruits mécaniques, problématique à mon avis dans le cas d'ambiance très calme). Le niveau de la sortie casque m'est apparu assez faible de base, mais il existe un boost en logiciel qui pallie très bien à ce soucis. Quid d'un circuit d'écoute différent pour un retour réalisateur par exemple ?
Enfin le dernier soucis su Mac, c'est le transfert en USB qui m'est apparu d'une grande lenteur.
Voilà pour mon avis. En conclusion, une machine au son incroyable mais il manque pas mal de fonctionnalités à mon avis pour en faire un enregistreur fiction, et dans mon cas multicanal, vraiment ergonomique.
Benjamin Rosier, chef opérateur du son fiction (tournage) et monteur parole.

Mes premières impressions à chaud: Très bons préamplis (Nagra honore sa réputation), le son est beau et pas un pet de souffle même avec le potard de gain à fond. Belle ergonomie du soft et du hard. Magnéto de grande taille par rapport aux spécificités (nombre d'entrées/sorties...) et ça c'est dommage sachant les possibilités d'intégration que permet le numérique (cf. le Cantar...). C'est, je pense, son plus gros défaut. Mais du coup ça fait costaud... C'est "juste un magnéto" dans le sens où il n'y a pas de partie mixette comme avec le Cantar X ou le PD6... Dommage vu l'évolution du travail sur le terrain.
Bref, on est vraiment dans la lignée des nagra IV. C'est une très belle machine et pas chère pour la qualité sonore apportée.

Alexandre Rocca, chef opérateur du son télé et fiction (tournage).

 

Spécifications techniques

Recording
Data storage medium 120 GB Internal hard disk
Removable media Compact Flash type I / II (Hot Swappable)
Disk format FAT 32
Recording Method Linear digital PCM
File type 16 / 24 bit Broadcast Wave File BWF (WAV) with iXML, AES 31 compatible
A/D & D/A conversion 24 Bit Sigma Delta
Tracks 6 individual
Sampling Rate 44.1, 48 kHz, 88.2 and 96 kHz (with 0.1% pull up/down)
Recording capacity 20 mins of 6 track 24 bit 48 kHz per GB of disk / memory
Mono / polyphonic Selectable
Pre-recording buffer Up to 10 seconds @ 96 kHz 24-bit on 6 tracks
Display 3.5 inch colour LCD TFT
Level meters On colour display AND by LED for microphone inputs
Inputs
Digital inputs 2 x XLR AES-3 shared with analogue inputs 5+6
Analogue inputs

4 x symmetrical XLR Microphone (Dynamic, +48V Phantom) / line

Microphone input sensitivity 2.8 and 10 mV/Pa selectable
Limiters Selectable on microphone inputs, individual or in pairs. Active at -7.6dBFS, max +40dB for -2 dBFS
Line input sensitivity Adjustable from -6 dBm up to +24 dBm for 0 dBFS recording
THD at 1 kHz <0.1% mic="" 0="" 01="" line="" measured="" on="" aes="" out="" td="">
Frequency response Mic, 10Hz - 48 kHz ± 0.5 dB, Line ±0.2 dB (measured on AES out)
Input noise with condenser mic 0.88 µV (-119 dBm)
Input noise with dynamic mic 4 dB (measured ASA "A" loaded 200?
Signal-to-noise ratio >114 dB
Input level adjustment range 50 dB Mic and from -6 to +24 dB Line
Input filters LFA (with vortex filtering)
Slate microphone Electret behind the front panel
Outputs
Analogue line output 2 x XLR 4.4V max (+15 dBm)
Digital output XLR AES-3 (24 bit or 16 bit dithered)
Headphones 2 x Stereo 6.3mm (¼”) Jack 50 ?
Internal speaker 1W
Other
USB Host USB 2.0 connector type "A"
USB Device USB 2.0 connector type "B"
Time code IN/OUT 5 pin LEMO (SMPTE / EBU)
M/S Decoder Switchable
Word Clock 9-pole "D" type connector
Dither Menu selectable 24/16bits on Inputs and/or Outputs
General
Dimensions 310 x 74 x 285mm (W x H x D) (Incl. battery box)
Weight 3.8 kg (8.3 lbs) (with battery pack)
Power supply Lithium-Ion, or external 9 - 16V (XLR 4 pole)
Power Consumption Approximately 10W
Charge time 3 hours (with supplied Lithium-Ion pack)
Ext. power out 2 Hirose 12V (max 1A)
Operating temp. From -20°C to +60°C (without internal Hard disk)
From 0°C to +50°C (Hard disk installed)
Relative humidity From 10% to 99% (non condensing)

 

Par Dorian, janvier 2009


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